27/10/2012

La plume Ballon, qui, quand, comment et pourquoi ?

Au cours des diverses expositions et manifestations consacrées à notre passion pour la plume métallique auxquelles nous avons participé ces dernières années (quand j’écris nous, c’est surtout dans son acception magistrale, Daniel étant avant tout un homme de terrain et Robert, votre humble serviteur, plutôt l’érémite, anachorète, cénobite), nombreuses furent les questions soulevées par les visiteurs, calamophilistes ou simples curieux, à propos de cette plume, en particulier à la suite de la publication de notre premier ouvrage intitulé à juste titre ‘’Le Mystère de la plume Ballon’’ puisqu’à ce jour nous n’avons pu déterminer avec précision ni sa chronologie ni ses origines.Ballon couverture 27 10 2012.jpg

Ce que l’on peut affirmer, sans se compromettre, c’est que la plume Ballon fut celle qui s’imposa – ou fut imposée -  en Belgique, tant dans les écoles de toutes confessions que dans les grandes administrations et organismes publics et privés divers.

Pourquoi se focaliser sur une telle plume qui, comme nous le faisait remarquer avec raison un ami français, demandait malgré tout une certaine sophistication dans ses étapes de fabrication par l’apport d’une estampe particulière ?

Bonne question…sans réponse …

L’étude approfondie de documents anciens, factures, bons de commande et bulletins de livraison, nous limite dans le temps à quelques dates précises mentionnées dans notre premier opus :

-  une facture du 20 décembre 1882 de l’Imprimerie et Fournitures de Bureau Albert Bouillon à Pâturages (Belgique) qui mentionne ‘’une boîte de plumes Ballon N° 047) ;

 -  une facture de l’Imprimerie Lithographie et Fournitures de Bureaux E. Bauduin à Ixelles mentionnant en date du 28 mai 1888 l’achat d’une boîte de plumes Ballon ;

 -  le catalogue illustré d’articles divers de Joseph - J. Perry qui propose en 1894 la plume Ballon, n° 300 ‘’La Bruxelloise’’ ;

-   le catalogue de la Librairie Hachette qui propose en 1889 la plume Ballon n° 792 F fabriquée par Sir Josiah Mason.

Ce que l’on peut aussi certifier, sans le moindre doute, c’est que la réalisation de cette plume ne fut pas l’œuvre initiale d’une des deux manufactures belges, leur présence éphémère sur le marché de la plume se limitant à une brève période comprise entre 1904 et 1929.

Nous savons par contre, qu’en 1878, à l’occasion de l’exposition de Paris, la firme Blanzy Poure & Cie présenta une superbe série de plumes estampées d’une montgolfière déclinées en trois couleurs et en trois pointes.Ballon  BP 27 10 2012.jpg

 

Cette plume fut elle un modèle d’inspiration pour la plume Ballon, dont plus de 500 exemplaires sont connus actuellement sous diverses formes et manufacturées par les plus célèbres des firmes de l’époque ?

 En Belgique, la Maison Olin & Robert, établie dès 1840 à Bruxelles, proposait déjà dans son catalogue des plumes métalliques vraisemblablement produites essentiellement en Grande Bretagne et non en France, l'activité de Blanzy Poure n'ayant débuté qu'en 1846. Ce qui nous inciterait à donner la paternité -ou la maternité- de la plume Ballon à la ''Prude Albion''...pour autant que l'on puisse mettre la main sur une liste de prix précisant que la plume Ballon faisait partie de l'éventail des plumes disponibles à l'époque.

Cette papeterie fut-elle à l’origine des premières plumes Ballon proposées en Belgique ? 

On peut le supposer, au vu de leur production, sous la forme M.O, Belgica et P.V. pour Papeteries de Virginal. 

Mais comment expliquer alors qu’une de leurs boîtes mentionne sur l’étiquette ‘’Imitation’’ de la plume Ballon ? Ballon imitation 27 10 2012.jpg

Faisaient-ils allusion à la plume '' précurseur '' Ballon de Blanzy Poure & Cie de 1878 ?


Baignol et Farjon, de leur côté, produisirent plus tard le modèle « plume dirigeable » en évoquant eux aussi le plus léger que l’air. 

En examinant la plume, on remarque un ajour en forme d’ancre, une hélice et le filet. Trois éléments qui caractérisent exactement le dirigeable à vapeur d’Henry Giffard du 1852.

Ballon  dirigeable 27 10 2012.jpg

Beaucoup de pistes à suivre donc dans cette recherche.

Comment procéder ?

- Chacun pourrait prendre le temps de revoir ses propres collections sans négliger les éventuelles banalités mises de côté car jugées sans intérêt et tenter de les examiner sous un regard nouveau ;

-  En compilant les divers courriers, factures, bons de commande relégués dans les fonds de tiroirs, accumulés au fil des ans, en se disant qu’un jour, peut-être, on allait les classer ;

Mais aussi :

- En fréquentant les foires aux vieux papiers ou les antiquaires spécialisés dans ce domaine ; j’éprouve toujours un plaisir indescriptible à tenter de faire partager  notre montée d’adrénaline et notre niveau de fébrilité quand nous avons mis la main sur la correspondance de la Cie de Tournai, sans laquelle nous n'aurions pu retracer son histoire ;

 - Et surtout en mettant de côté notre ego, notre manie mesquine de garder pour nous les informations qui peuvent être essentielles au chercheur isolé et spécialisé sur un thème pointu de la recherche …

Qui osera nous dire que nous prêchons dans le désert ?

 

12:36 Écrit par ra51 - dans 0 Historique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |